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Calcul de l’Eco-score avec le logiciel beCPG

By 21 juin 2021septembre 10th, 2021No Comments

Dans cet article, nous allons voir comment le logiciel beCPG permet le calcul de l’éco-score des produits agroalimentaires.

L’Eco-score : argument de vente ou contrainte de formulation ?

Conçu pour sensibiliser le consommateur sur l’impact environnemental de sa consommation alimentaire, l’Eco-score fait débat. Cet indicateur à visée pédagogique lancé début 2021 par une dizaine d’acteurs variés (magasins en ligne, associations, applications mobiles, sites de recette, etc.) reprend le code couleur du Nutri-score, avec une note de A à E. Contrairement à ce dernier, l’Eco-score n’est pas encore validé par le gouvernement, mais il représente déjà un challenge pour les industries agro-alimentaires en terme d’optimisation environnementale. Pas d’inquiétude : beCPG vous explique comment le calculer.

L’alimentation des ménages représente en effet 1/4 de l’impact carbone en France1. Cet impact peut être réduit de diverses manières : en consommant moins de viande mais de meilleure qualité, en privilégiant certains labels (dont le bio), ou encore en privilégiant les produits locaux et de saisons. Certains ingrédients à risque (poissons menacés, huile de palme non-durable) sont également dans le viseur de l’Eco-score. Enfin, le choix de l’emballage est également pris en compte dans son calcul.

Le calcul de l’Eco-score se fait en 3 étapes :

  1. Une note de référence entre 0 (très impactant sur l’environnement) et 100 (pas d’impact) est attribuée pour chaque catégorie de produit, sur la base des données Agribalyse de l’ADEME.
  2. Des bonus et malus sont appliqués pour tenir compte du mode de production, de l’origine des ingrédients, des emballages, etc.
  3. La note finale entre 0 et 100 est ramenée à une lettre de A à E.

Un socle de référence par catégorie de produit

Devant la complexité et la multitude des indicateurs environnementaux, l’Eco-score choisit comme base de référence la base de données Agribalyse de l’ADEME. Cette base de données reprend les catégories de produits présents dans les tables CIQUAL. Elle attribue à chaque produit une note de référence (Single Score) sur la base d’une ACV complète avec 16 indicateurs environnementaux.

Impact CO2, eutrophisation des sols et des eaux, utilisation des sols, épuisement des ressources, ou encore toxicités sur les écosystèmes et sur l’humain, … Ces 16 indicateurs sont variés. L’avantage du Single Score est donc d’attribuer une note unique à chaque produit, après pondération de chacun de ces indicateurs en fonction de leurs importances et leurs robustesses respectives. On obtient alors une note entre 0 et 100.

Cette méthodologie présente un inconvénient majeur : elle ne prend pas en compte la variabilité entre 2 produits de la même catégorie. Par exemple, qu’une tarte aux fraises soit fabriquée en France avec des ingrédients français et de saison, ou bien importée par avion du Japon et suremballée dans du plastique, leurs Single Scores sera le même.

C’est pour prendre en compte ces différences que l’Eco-score attribue ensuite une série de bonus et malus aux produits, sur la base de différents indicateurs.

Des indicateurs complémentaires : bonus & malus

Un premier bonus peut être attribué aux produits en fonction de leurs labels pour prendre en compte les modes de production. Par exemple, les labels Rainforest Alliance ou Label Rouge sur le boeuf, le veau ou l’agneau octroient +20 points au score, tandis que l’agriculture biologique rapport +15 points. La liste complète des labels donnant droit à un bonus est disponible ici.

Un deuxième bonus est octroyé en fonction de la distance au pays d’origine du produit, ou de ses ingrédients pour les produits formulés. Si le produit n’a pas voyagé entre son pays d’origine et son pays de vente, il gagne un bonus de +15 points. A l’inverse, un produit ayant fait le tour du monde avant d’être vendu ne gagnera aucun point. Au niveau d’une recette, chaque ingrédient impacte ce bonus proportionnellement à sa quantité dans la recette. Le score par pays est disponible ici.

Pour prendre en compte les politiques environnementales locales des pays producteurs, un autre bonus ou malus est attribué en fonction des efforts du pays d’origine pour protéger l’environnement. Par exemple, le Danemark, pionnier en terme de protection de l’environnement, a un meilleur score que la Belgique en terme de politique environnementale locale, bien qu’étant plus éloigné de la France géographiquement. Ce score est attribué sur la base de l’Environmental Performance Index2 créé par les universités de Yale & Columbia, et mis à jour tous les 2 ans. Le bonus ou malus attribué varie de +5 à -5 points. Au niveau d’une recette, chaque ingrédient impacte ce bonus proportionnellement à sa quantité dans la recette. Le score par pays est disponible ici.

Un malus est également attribué sur la circularité de l’emballage, tant en amont (utilisation de matières recyclées) qu’en aval (recyclabilité ou biodégradabilité). En fonction des matériaux d’emballage, de leur taux d’incorporation de matières recyclées et de leur recyclabilité, un malus allant de 0 à -10 points peut être attribué. Un produit vendu en vrac n’aura bien sûr aucun malus concernant l’emballage. Si les valeurs exactes ne sont pas connues, les valeurs moyennes par matériau peuvent être utilisées (sources : ADEME). Celles-ci sont disponibles ici.

Plus récemment, un cinquième malus a été créé pour prendre en compte l’impact du produit sur les espèces menacées. Si le produit contient une espèce de poisson menacé dans la zone où il a été pêché, l’Eco-score devient automatiquement E. Vous trouverez la liste des poissons menacés et leurs zones de pêche ici. De même, si le produit contient de l’huile de palme (hors certification 100% RSPO), il subit un malus de -10 points.

L’ajout de tous ces bonus et malus sur le score de référence donne alors une note finale entre 0 (très impactant sur l’environnement) et 100 (pas d’impact sur l’environnement).

Une note de A à E, et un code couleur semblable au Nutri-Score

La note finale entre 0 et 100 obtenue après ajout des bonus et malus peut alors être convertie en Eco-score de A à E.

Le score sur 100 suit une échelle logarithmique, avec un impact doublé tous les 20 points. Un produit avec un score de 40/100 (ex : hachis parmentier à D) aura donc 2x plus d’impact sur l’environnement qu’un produit avec un score de 60/100 (ex : œufs à C). Cela permet de rendre compte des différents ordres de grandeurs et de comparer entre eux des produits très différents.

Les applications de l’Eco-score sont aussi variées que celles du Nutri-score : packaging des produits, menus en restauration collective ou encore site de recettes. L’objectif de sensibilisation est avant tout à but pédagogique, mais il est certain que les industriels s’y penchent déjà de très près en tant qu’argument marketing, quitte à devoir reformuler leurs produits ou sourcer de nouvelles matières premières.

Calculez l’Eco-score de vos produits dans beCPG

Afin de vous faire gagner du temps, beCPG a ajouté le calcul de l’éco-score. Pour cela, il vous suffit de sélectionner le type de produit que vous développez et le système calcule automatiquement l’éco-score du produit. En effet, beCPG possède déjà les données nécessaires au calcul de l’éco-score:

  • Les recettes des produits
  • Les origines géographiques et les espèces des matières premières
  • Les emballages avec leurs matériaux et les poids
  • Les labels et les allégations du produit

 Note : Cet article fait état du calcul de l’Eco-Score en avril 2021. Celui-ci n’est à ce jour pas reconnu par l’Etat, et nécessite l’approbation du collectif l’ayant créé pour appliquer son logo. L’Eco-score est aujourd’hui en constante évolution, et est bien sûr susceptible d’évoluer fortement. A l’aube d’un grand débat sur son application, il est possible que d’autres Eco-score soient testés à titre de comparaison, comme ce fut le cas pour le Nutri-score dans les années 2010. De même, il pourrait être potentiellement adapté à d’autres secteurs (cosmétiques, DPH, etc.). L’équipe beCPG vous tiendra bien sûr informés, et notre PLM sera comme toujours votre meilleur allié pour optimiser vos produits et maintenir vos produits à jour.

Vous trouverez plus d’informations sur le module Formulation de beCPG dans notre article à ce sujet.

Contactez-nous dès aujourd’hui pour demander une démonstration ou un essai gratuit !

Sources :

1 : https://www.iddri.org/sites/default/files/PDF/Publications/Hors%20catalogue%20Iddri/Empreinte-Carbone_Alimentation_France_VF.pdf

2 : https://epi.yale.edu/

https://docs.score-environnemental.com/